20 Nov

Gilets jaunes: la sécurité privée en première ligne

Les commerçants font appel aux entreprises de sécurité privée pour se prémunir contre les débordements de la mobilisation.

La scène se répète dès que les gilets jaunes approchent : le talkie-walkie grésille et les grilles se ferment. Échaudés par les violences qui ont émaillé les manifestations parisiennes des gilets jaunes, les commerçants recourent de plus en plus à des agents de sécurité, une mesure que toutes les enseignes ne peuvent se payer. 

Le déroulé est toujours le même. Un petit groupe se détache du cortège des gilets jaune et caillasse les vitrinesn’ayant pas été protégées par des panneaux. Depuis le début du mouvement le 17 novembre, « 500 commerces parisiens ont été touchés par les violences », relève Didier Kling, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Paris Ile-de-France. 

« Du mal à satisfaire la demande »

Autant d’actes « inadmissibles » pour le gouvernement qui veut faire voter une loi « anticasseurs ». Mais, en amont, les commerçants sont toujours plus nombreux à prendre les devants en faisant appel à l’une des quelque 4 000 entreprises de sécurité privée françaises. Le mouvement est tel que « le secteur a du mal à satisfaire la demande », souligne Olivier Duran, porte-parole du Syndicat national des entreprises de sécurité (Snes). 

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Sofiane Aboubeker, président d’Arecia, une entreprise de sécurité privée, cite l’exemple de ce client, « un hypermarché chez qui on est passé d’une présence moyenne de 4 à 11 agents le samedi ». 

Lorsque des violences surviennent, les vigiles sont alors en première ligne : ils sont là pour dissuader d’éventuels casseurs de passer à l’action. Autre solution : fermer boutique le samedi. C’est ce que propose Patrick Senior, patron de BSL Sécurité, pour les magasins situés sur les parcours des manifestants. 

Effets indésirables

Mais cette hausse de la demande a aussi des effets indésirables, selon Olivier Duran du Snes. Les entreprises dignes de confiance ne pouvant satisfaire la demande « en raison du manque de souplesse en matière de temps de travail », les clients se tournent vers des entreprises moins spécialisées, ce qui « multiplie le risque que cela peut entraîner sur la qualité » du travail. 

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En outre, souligne Didier Kling, le président de la CCI Paris Ile-de-France, faire appel à des vigiles a un coût que tous les commerçants ne peuvent se permettre. « Ceux qui ont [des vigiles], ce sont des magasins d’une certaine importance ou des magasins très spécialisés, comme les bijouteries », selon lui. Le coût moyen d’un vigile est d’environ 200 euros hors taxes pour une journée de 10 heures de travail. 

Violences en marge des manifestations de gilets jaunes

Un coût qui s’ajoute au manque à gagner induit par les manifestations. Les commerçants parisiens avec lesquels Didier Kling est en contact disent accuser une perte de chiffre d’affaires « de l’ordre de 40 % » pour décembre. 

Source article : https://www.lexpress.fr